Vous êtes vous déjà demandé pourquoi aujourd'hui nous vivons dans un monde où la consommation a pris de telles proportions ? Pourquoi avons-nous toujours besoin / envie d'avoir LE truc qui nous
fait de l'œil ? Pourquoi cette idée de possession est si forte que nous avons du mal à nous retenir ?
Quand j'étais en caisse, en passant les articles des clients, j'étais systématiquement intriguée dès que le produit que je tenais entre mes mains m'était inconnu. Pareil lorsqu'un produit était
estampillé « nouveau ». c'était plus fort que moi, ma curiosité me poussait à le regarder de près, voir à en acheter certains quand je finissais ma journée.
En rentrant chez moi, combien de fois ai-je entendu mon mari me dire :
- Qu'est ce que t'as encore acheté comme connerie ?
Et de répondre :
- Euh, oui... mais c'est nouveau.
(Ah, ah, l'argument ultime... et totalement irrationnel)
C'était la même réaction à tous les coups, je me sentais fautive d'avoir cédé si facilement à la pub, mais malgré tout, j'avais envie (besoin ?) d'acheter et de tester ce produit. Parfois, on
s'est retrouvé à devoir manger des plats franchement mauvais, mais "tellement" nouveau...
Je ne suis quand même jamais tombée dans l'achat démesuré, je vérifiais les prix plutôt deux fois qu'une... Logique en fin de compte, dans un hypermarché, ce qui passe sur le tapis, ce sont
principalement les produits comestibles.
(tiens, aurais-je besoin de vous justifier mon propre comportement ?)
Par contre, depuis que j'ai quitté ce poste, je suis nettement moins attirée par ces nouveautés (même si... de temps en temps, je me laisse encore avoir).
Je suis longtemps restée avec cette interrogation sans parvenir à vraiment comprendre mon comportement. Et puis, l'autre soir est passé sur Arte un documentaire sur notre rapport à la
consommation. Bien des points sont évoqués, mais j'ai (surtout) retrouvé mon propre comportement chez d'autres, chez beaucoup d'autres personnes en fait. Quelque part, c'est rassurant de ne pas
se sentir seul, mais c'est aussi angoissant de découvrir que nous sommes aussi nombreux à nous guider avoir par nos émotions.
Je vous invite très fortement à regarder ce reportage parfois grinçant passé sur Arte en début de semaine : « Vivez, prospérez, consommez... ! » (réalisé par l'américain Gene
Brockhoff). Il est assez long (50 minutes) mais il est très intéressant et pose beaucoup de questions sur nos comportements.
(vous pouvez le voir ici jusqu'à mardi, sinon il repasse sur Arte le 9 juillet à 10h)
Bien sûr, quel que soit le film / livre / reportage / chanson, les messages diffusés sont toujours orientés, alors gardons ouvert notre esprit critique sur ce qu'on observe.
On pourra voir différents messages dans ce documentaire : un cri d'alarme sur notre société actuelle, un discours qui culpabilise alors qu'on ne peut rien changer à notre échelle ou encore un
lieu de réflexion sur nos comportements et comment pourrions-nous changer avant de détruire notre monde.
Il arrive un temps où prendre conscience est déjà dépassé, il est temps d'agir.
J'en reparle ici bientôt parce qu'il me semble qu'une petite rétrospective de notre société de consommation pourra en intéresser certains. En tout cas, moi ça m'interpelle.
Bon courage pour résister aux sirènes du consumérisme !
J'en profite pour souligner le travail de l'artiste Chris Jordan, qui intervient dans le docu. Je lui avais, modestement, consacré un billet. Ses toiles font vraiment réfléchir !
A bientôt !
on a l'impression qu'aujourd'hui pour exister il faut posséder, pouvoir dépenser de l'argent, consommer en fait.
les photos de Crhis Jordan sont effectivement très révélatrices de notre société actuelle et de l'impact que chacun d'entre nous a sur le monde, aussi minime soit-il.
Les petits rouages du marketing expliqués à travers une journée type d'une famille normale.
ha merci pour le conseil lecture, je note, ça promet d'être intéressant :)
Toutes ces publicités sont basées sur la façon dont les consommateurs raisonnent.
Par exemple, les cartes "VIP" et timbres-ristourne à coller sont principalement destinées aux personnes qui font des achats "impulsifs": je n'ai, par exemple, jamais rencontré de bons de réduction,
de soldes à durée limitée, ou de publicités "trois pour le prix de deux" chez les comptables, marchands de foreuses, cabinets d'avocats ou dentistes!
Par contre, c'est la spécialité des marchands de vin en bouteille, des boutiques de mode, bijoutiers, coiffeurs, marchands de tapis et pizzerias.
Amitiés
P.S. Prévois des commentaires à tous tes articles (pense aux "nègres" d'Alexandre Dumas si tu es très occupée...). Cela "boosterait" ton audimat, je crois.
Cher Armand,
Tout à fait, la société de consommation nous pousse à posséder encore plus avec des réductions qui au final, si elles nous permettront d'avoir des placards qui débordent un peu plus, aura aussi eu raison d'un peu plus de nos sous...
j'imagine bien les pubs chez un dentiste : une carrie guérie, une deuxème carrie à moitié prix
ou chez l'avocation : pour 2 divorces consommés, le troisième est offert
Par contre, chez le coiffeur, je vois régulièrement des promos : spécial première visite ou encore des prix à la baisse de 20 % pour une durée limitée :)
Tout à coup, ça fait nettement moins sérieux...
pour ton PS : oui, je remets l'accès aux commentaires parce que ça commence à manquer les partages de points de vue sur ce blog :)
c'est tout à fait ça.
le but final étant de créer de nouveaux besoins et qu'ils deviennent indispensables aux consommateurs...
La surconsommation, l'hyperconsommation n'a rien de bon et n'enrichit que les industriels!